Dents de sagesse et orthodontie : faut-il les enlever ?

Faut-il retirer les dents de sagesse avant, pendant ou après un traitement orthodontique ? Ce qui peut justifier un retrait, ce qui ne le justifie pas, et comment la décision se prend.

Les dents de sagesse suscitent beaucoup de questions et d'idées reçues.

Les dents de sagesse, ou troisièmes molaires, sont les dernières dents à faire leur éruption, le plus souvent à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Elles ne se développent pas chez tout le monde de la même façon : certaines personnes en ont quatre, d'autres moins, et leur position varie beaucoup d'un patient à l'autre. Lorsqu'un traitement orthodontique est envisagé, la question revient presque systématiquement : faut-il les enlever, et si oui, quand ?

La réponse n'est pas la même pour tout le monde. Il n'existe pas de règle automatique du type « on enlève toujours les dents de sagesse avant ou après des bagues ». Certains points sont établis, d'autres restent débattus, et la décision se construit au cabinet, à partir d'un examen et d'une imagerie adaptés à chaque situation.

Comprendre

Trois situations possibles pour une dent de sagesse

Bien positionnée assez de place : la dent sort et s'entretient normalement Couchée en avant appuie contre la dent voisine, accès difficile au brossage Incluse reste sous la gencive ou l'os : repérée à la radiographie
Une dent de sagesse peut sortir correctement, s'incliner vers la dent voisine ou rester incluse sous la gencive. Seul l'examen, complété par une imagerie, permet de savoir dans quelle situation on se trouve.

Quand un retrait peut être discuté.

Indépendamment de l'orthodontie, plusieurs situations peuvent amener à discuter le retrait d'une dent de sagesse : des épisodes répétés d'infection ou d'inflammation de la gencive qui recouvre partiellement la dent, une carie difficile à soigner en raison de la position de la dent, une atteinte de la dent voisine liée à une dent de sagesse couchée contre elle, ou encore un kyste associé à une dent incluse. Dans ces cas, la décision relève d'abord de la santé bucco-dentaire globale, bien avant les considérations d'alignement.

À l'inverse, une dent de sagesse correctement positionnée, qui ne cause aucune gêne et que l'on peut brosser normalement, n'a pas forcément besoin d'être retirée. Une dent qui ne pose pas de problème peut être simplement surveillée dans le temps.

Ce qui peut motiver un retrait

  • Infection

    Inflammations répétées

    De la gencive autour d'une dent partiellement sortie.

  • Position

    Dent couchée ou difficile d'accès

    Qui retient les résidus et se nettoie mal.

  • Voisinage

    Atteinte de la dent voisine

    Carie ou résorption à son contact, repérées à l'imagerie.

Les dents de sagesse font-elles « bouger » les autres dents ?

C'est l'idée reçue la plus répandue : les dents de sagesse pousseraient les autres dents vers l'avant et seraient responsables du chevauchement qui réapparaît chez certains adultes après un traitement. Cette explication est séduisante, mais la littérature scientifique ne permet pas de la tenir pour établie. Les dents peuvent bouger au fil de la vie pour de nombreuses raisons indépendantes des dents de sagesse : le vieillissement naturel de l'arcade, la position de la langue, les habitudes de pression, l'état du parodonte, ou l'absence de contention après un traitement. Retirer des dents de sagesse dans le seul but d'éviter un futur chevauchement n'est donc pas une démarche que l'on peut justifier systématiquement.

C'est pourquoi la contention après traitement reste l'élément central de la stabilité du résultat, que les dents de sagesse soient présentes ou non.

Le cas particulier d'un traitement orthodontique.

Les dents de sagesse peuvent toutefois entrer en ligne de compte dans le plan de traitement. Si l'on prévoit de reculer les molaires pour créer de la place, par exemple avec une mini-vis d'ancrage, la présence d'une dent de sagesse derrière peut modifier la stratégie. Dans d'autres situations, une dent de sagesse mal positionnée peut gêner l'accès à la dernière molaire, ou être située contre une dent qui doit se déplacer. Il peut aussi arriver qu'un retrait soit envisagé dans le cadre d'une réflexion plus large sur l'espace disponible, comme l'explique l'article consacré à l'extraction ou non en orthodontie.

Le moment de l'éventuel retrait se décide au cas par cas : avant la pose de l'appareil, en cours de traitement, ou après la fin de la phase active. Il dépend de la position de la dent, de sa proximité avec les autres dents, de l'âge, et du projet orthodontique lui-même.

Ce que le bilan examine

  • Position

    Orientation et stade d'évolution

    Lue sur une imagerie adaptée à la situation.

  • Espace

    Place disponible à l'arrière

    Et rapport avec la dent voisine.

  • Projet

    Mouvements prévus

    Qui peuvent rendre un retrait utile ou inutile.

La démarche

Comment la décision se construit

Aucun retrait n'est décidé « par principe » : il répond à un besoin identifié.

Examen clinique + imagerie adaptée Pas de gêne ni de risque surveillance, sans geste Problème ou risque identifié retrait discuté avec vous Choix du moment avant, pendant ou après l'appareil
L'examen et l'imagerie orientent soit vers une simple surveillance, soit vers la discussion d'un retrait, dont le moment est choisi en fonction du traitement orthodontique.

Comment se passe un retrait, lorsqu'il est indiqué.

Lorsqu'un retrait est retenu, il est réalisé au cabinet par le Dr Durot, sous anesthésie locale. Selon la position de la dent, un geste simple peut suffire, ou il peut être nécessaire d'ouvrir légèrement la gencive pour accéder à une dent incluse. Le déroulement, les suites habituelles et les consignes à suivre sont expliqués avant l'intervention. Selon la situation, une orientation vers un confrère reste possible.

Les suites sont variables d'une personne à l'autre : un gonflement et une gêne dans les jours qui suivent sont fréquents, et des consignes simples (alimentation tiède et molle, hygiène douce, repos) aident à les traverser. Toute évolution inhabituelle justifie de contacter le cabinet.

Ce qu'il faut retenir

  • Pas d'automatisme

    Un retrait se justifie

    Par un problème, un risque ou un projet précis.

  • Imagerie

    Une décision éclairée

    Qui s'appuie sur l'examen et sur la radiographie.

  • Coordination

    Un seul interlocuteur

    Pour articuler chirurgie et orthodontie.

En conclusion.

Les dents de sagesse ne sont ni à retirer systématiquement, ni à ignorer. Leur devenir dépend de leur position, de leur état, de la santé des dents voisines et du projet orthodontique. Si vous vous interrogez sur les vôtres, ou si une dent de sagesse vous gêne, le plus simple est d'en parler lors d'un bilan : l'examen et l'imagerie permettent de savoir s'il y a lieu de surveiller, ou de discuter un geste et son moment.

Questions

Questions fréquentes

À quel âge repère-t-on l'état des dents de sagesse ?+

Leur développement s'observe sur une radiographie, souvent dès l'adolescence, bien avant leur éventuelle sortie. L'âge exact varie selon les personnes ; c'est l'examen, et non une règle fixe, qui indique quand les évaluer.

Peut-on faire de l'orthodontie sans retirer les dents de sagesse ?+

Oui, dans de nombreuses situations. Leur retrait n'est pas un prérequis automatique : il dépend de leur position et du plan de traitement, et se discute lors du bilan.

Une dent de sagesse qui ne fait pas mal peut-elle quand même poser problème ?+

C'est possible : une dent incluse ou couchée peut ne provoquer aucune douleur et être repérée seulement à l'imagerie. C'est une des raisons pour lesquelles un contrôle périodique est utile.

Toutes les questions fréquentes →

Une question sur vos dents de sagesse ?

Faire le point lors d'un bilan : prendre rendez-vous sur Doctolib.

Prendre rendez-vous